L’Occident a mené des sanctions contre la Russie : Le monde n’est plus ce qu’il était, selon un expert

0
2
The Biden administration also received a favourable response on the domestic front as most citizens of the country perceive these economic sanctions as a way of weakening and debilitating the Russian economy.  

Les Etats-Unis n’ont pas tardé à annoncer des sanctions à l’encontre de la Russie en conséquence du conflit russo-ukrainien. D’autres pays, dont le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud et l’Union européenne, ont également accueilli ces sanctions sans réserve. Ils ont tous applaudi les États-Unis pour leur réponse rapide à l’acte d’agression russe qui se poursuit au-delà de ce que l’on aurait pu estimer. L’administration Biden a également reçu un accueil favorable sur le front intérieur, la plupart des citoyens du pays percevant ces sanctions économiques comme un moyen d’affaiblir et de débiliter l’économie russe.

“L’Occident s’est extasié sur ces sanctions et les a citées sur la scène mondiale pour montrer sa fermeté à l’égard de la Russie dans le conflit qui continue de déstabiliser l’Europe de l’Est. Il est impératif de reconnaître la différence entre l’approche des sanctions qui ont été imposées à la Russie et celles qui sont imposées aux nations en développement non occidentales”, opine l’analyste politique Dr Aparaajita Pandey.

Si l’impact direct de ces sanctions vise la Russie, une conséquence supplémentaire de ces sanctions serait de tenter de dissuader d’autres nations d’entretenir des relations cordiales et de travail avec la Russie, ainsi qu’un message fort à la Chine, qui a ouvertement soutenu la Russie dans ses efforts. L’objectif de ces sanctions économiques est de renforcer la pression internationale sur la Russie et de maintenir un semblant d’ordre mondial traditionnel, ce qui semble être une réalité lointaine dans la situation actuelle de la politique mondiale et des pôles de pouvoir.

Il est également important de noter que ces sanctions étaient censées porter un coup débilitant à l’économie russe et que les Etats-Unis ont commencé par geler les avoirs des oligarques russes, restreindre le commerce de l’énergie hors du pays ainsi que stopper le commerce des marchandises pouvant être utiles aux officiers militaires ou à l’administration russes. Toutefois, ces sanctions auraient également des effets négatifs sur les pays de l’UE et d’autres alliés des États-Unis qui dépendent des composants fabriqués en Russie et/ou des matières premières. Dans un monde aussi étroitement dépendant des chaînes d’approvisionnement, il est difficile d’appliquer des sanctions économiques d’une manière qui ne nuise pas aux alliés des États-Unis mais à la Russie.

Au départ, la façon dont les États-Unis et leurs alliés ont contourné le problème était de prévoir certaines exemptions en matière de sanctions. Les diamants, le caviar, les articles de luxe d’une valeur supérieure à 300 euros, ainsi que les matières premières pour les semi-conducteurs et les micropuces font partie de la liste des exemptions. Cette liste peut sembler frivole à première vue, mais tous ces articles font partie de chaînes d’approvisionnement plus importantes qui traversent l’Europe, la Corée du Sud et le Japon et représentent une part considérable de leur PIB. Ces faveurs subtiles mais importantes accordées aux alliés ont fini par diluer les sanctions russes, et elles ne semblent pas avoir l’impact que l’on pensait initialement qu’elles auraient sur la volonté russe de poursuivre la guerre.

Toutefois, les États-Unis ont commencé à réaliser que ces sanctions limitées n’auraient pas l’impact nécessaire pour combattre l’agression russe et, à cette fin, les sanctions comprennent désormais une interdiction des produits de luxe d’une valeur supérieure à 300 euros, ce qui inclut les chaussures, les vêtements, le cuir, les accessoires, les bijoux et surtout les diamants, ainsi que les parfums, les œuvres d’art, la porcelaine, la poterie fine et d’autres produits similaires. Le caviar, les truffes, le champagne, le vin, les cigares et les véhicules d’une valeur supérieure à 50 000 USD sont également interdits. À toutes fins utiles, les produits fabriqués dans l’UE ne peuvent plus entrer sur les marchés russes. Toutefois, l’élément intéressant de cette interdiction est que si les articles de luxe fabriqués dans l’UE ne peuvent pas entrer sur le marché russe, l’inverse n’est pas vrai. La Russie peut toujours être une source de produits de luxe, de matières premières et de diamants pour l’UE et le reste du monde. Cette mesure a été prise afin de minimiser l’impact qu’un blocus complet aurait sur l’économie mondiale.

Il est également intéressant d’examiner la part prise par les États-Unis dans ces sanctions, car ce ne sont pas les seules exemptions qu’ils ont accordées. S’ils ont été les premiers à geler tous les avoirs des oligarques russes et, par extension, ceux de Poutine, des exemptions spéciales ont été accordées à l’empire commercial d’Alicher Usmanov, qui, selon l’UE, est l’un des oligarques préférés de Poutine et vaut 19,6 milliards de dollars. L’entreprise d’Usmanov continue de fonctionner avec très peu de restrictions, car il a été estimé que la saisie de l’entreprise d’Usmanov nuirait à l’économie mondiale. Le problème des sanctions économiques dans un monde profondément globalisé est que leurs ramifications atteignent souvent le pays. Les sanctions prises à l’encontre d’Usmanov portent sur ses biens personnels, comme son jet privé et son super yacht, mais pas sur ses affaires.

Quelques faits intéressants sur les sanctions imposées par l’UE

Les pays de l’UE peuvent continuer à acheter des articles comme la vodka, le caviar et les diamants à la Russie. Selon des rapports du domaine public, la Belgique aurait fait pression pour exempter les diamants en raison de son secteur diamantaire (qui emploie 30 000 personnes), qui a importé pour 1,8 milliard de dollars de diamants bruts en 2021.

L’UE peut continuer à exporter des produits de luxe (limite supérieure de 300 euros par article) vers la Russie (qui serait sous pression italienne en raison de son industrie).

La Corée du Sud a obtenu une exemption américaine pour les exportations de produits de haute technologie tels que les semi-conducteurs vers la Russie.

Sanctions annoncées par la Corée du Sud

D’après les informations disponibles dans le domaine public, dans le cadre des sanctions annoncées par la Corée du Sud, celle-ci a interdit l’exportation d’articles stratégiques et a bloqué l’accès de certaines banques russes au système de paiement international SWIFT. La Corée du Sud a dressé une liste d’articles soumis à des restrictions, notamment les équipements maritimes et aérospatiaux, la navigation et l’avionique, l’électronique, les ordinateurs, les semi-conducteurs, l’information et les communications.

Avis d’expert

Partageant son point de vue avec le Financial Express Online, l’analyste politique Dr Aparaajita Pandey déclare : “L’Iran, le Venezuela, la Corée du Nord et même l’Inde ont fait les frais des sanctions économiques américaines et ont dû faire face à l’impact débilitant et durable qu’elles ont eu sur leur croissance financière et leur santé. Ces sanctions ont également été imposées pour des indiscrétions perçues qui ne sont en aucun cas comparables à l’annexion d’un autre pays.”

“Cependant, le monde n’est plus ce qu’il était, la tentative de juxtaposition des politiques de la guerre froide sur la toile géopolitique actuelle n’est qu’une simple romantisation d’une époque révolue. Au fur et à mesure que les nations tracent leur chemin souverain vers le progrès économique et se dirigent vers un monde multipolaire et indépendant de la suprématie du dollar américain, la politique mondiale va certainement prendre une forme très différente. Alors que le monde se dirige vers une phase post-dollar, les pays ont trouvé des moyens de contourner les sanctions américaines et de poursuivre des relations commerciales solides avec les nations qu’ils jugent appropriées. La suprématie des intérêts nationaux sur la politique mondiale est claire et évidente dans le scénario actuel et le restera pendant un certain temps encore”, estime le Dr Pandey, docteur du Centre d’études latino-américaines de JNU.

Retour à l’accueil Worldnet